Il y a 163 ans ... Paul Verlaine
Il y a 163 ans, naissait un beau bébé nommé Paul Verlaine : c'était le 30 mars 1844 !
Paul Verlaine participe, à son époque, au Parnasse contemporain. Dans ses Poèmes Saturniens (1866), d'ailleurs, il est très sensible à cette influence parnassienne. Il se fiance à Mathilde Mauté vers cette époque. Ses poèmes de la Bonne Chanson (1870) sont issus d'une inspiration heureuse et reflètent l'espoir d'une vie "simple et tranquille". Puis il rencontre Rimbaud en septembre 1871 : c'est alors le début d'une succession d'altercations et de séparations, jusqu'à ce que Verlaine fatidiquement lui tire dessus à Bruxelles. Il écope d'une peine de prison en Belgique : il compose en prison, Romances sans paroles (1874). Lorsqu'il sort, il obtient le pardon de Mathilde. Ces événements ont transformé Verlaine : sa conversion a été ardente et humble. Il compose les poèmes mystiques de la Sagesse (1880), et Amour (1888).
Mais Mathilde demande et obtient le divorce. Verlaine s'adonne à la boisson et mène une existence précaire. Il écrit les Poètes maudits en 1884, qui traite de Corbière, Mallarmé et surtout de Rimbaud. Il publie aussi Jadis et Naguère en 1884.
Verlaine est surtout connu pour son style musical fait de syntaxe libre, d'assonances et d'allitération, de rimes assouplies et surtout de vers impairs. C'est lui l'auteur de la célèbre phrase "de la musique avant toute chose".
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Poèmes Saturniens, Mélancholia, VI
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte
.
Poèmes saturniens : Paysages tristes, V

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