Il y a un siècle ... Roger Gilbert-Lecomte...
Roger Gilbert-Lecomte, poète des soufrières, et animateur du mouvement anti-surréalisme théorisé par la revue Le Grand Jeu, naissait il y a tout juste un siècle. Ce poète converti dès son plus jeune âge à l'expression d'une négation totale (sous l'influence de son frère simpliste René 'Nathanael' Daumal) de tout ce qui touche ce monde banal et dépourvu de tout intérêt. La révolte doit être perpétuelle, dans son essence, le dernier barrage de l'être soumis à un Désir Imbécile d'Eclairage Universel doit être défoncée et traînée au sol comme un vulgaire rebut de nostalgie éteinte...Etre éternel par refus de vouloir durer. 'Le Grand Jeu est irrémédiable ; il ne se joue qu'une fois. Nous voulons le jouer à tous les instants de notre vie. C'est encore "à qui perd gagne". Car il s'agit de se perdre. Nous voulons gagner.'
Roger mourra, détruit par la drogue et symboliquement rongé par le tétanos auquel il avait promis la naissance, quand il avait seize ans, le 31 Décembre 1943, dans la misère la plus profonde. Aujourd'hui encore le grand jeu se joue et ses disciples aussi nombreux que les doigts de la main d'un amputé poursuivent cette quête du tétanos mystique.
Quelques poèmes :
Ecrivant peu :
"Ecrivant peu, je me promets de n'écrire que l'essentiel. Nous sommes une poignée de dix. Donnez-moi seulement cent étudiants et je détruis la Sorbonne, l'Institut , le Collège de France, et j'institue la Nouvelle Connaissance."
La bonne vie
'Je suis né comme un vieux
Je suis né comme un porc
Je suis né comme un dieu
Je suis né comme un mort
Ou ne valant pas mieux
J'ai joui comme un porc
J'ai joui comme un vieux
J'ai joui comme un mort
J'ai joui comme un dieu
Sans trouver cela mieux
J'ai souffert comme un porc
J'ai souffert comme un vieux
J'ai souffert comme un mort
J'ai souffert comme un dieu
Et je n'en suis pas mieux
Je mourrai comme un vieux
Je mourrai comme un porc
Je mourrai comme un dieu
Je mourrai comme un mort
Et ce sera tant mieux'
A suivre...

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